Le 22 juin 2026, Bernard Accoyer, Président de PNC-France, a adressé un courrier officiel à Maud Brégeon, Ministre déléguée chargée de l’Énergie. À la veille du « Conseil Énergie » de l’Union européenne du 26 juin, appelé à statuer sur le projet de « Paquet Réseaux » (Grid Package), PNC-France appelle la France à porter une opposition déterminée.
Un projet inacceptable
Face à l’activisme de la Commission européenne et aux orientations de la future présidence irlandaise, PNC-France réaffirme le caractère inacceptable de ce projet, qui se focalise sur une centralisation de la gouvernance au détriment des réalités techniques du terrain.
Cinq dangers majeurs pour la France
PNC-France met en évidence les conséquences de ce projet pour notre pays :
- Une explosion des prix : le prix de l’électricité tendrait vers la moyenne européenne, soit une hausse de l’ordre de 30 % dès 2035 selon l’institut allemand Fraunhofer, ruinant tout espoir de réindustrialisation.
- Une déstabilisation technique : la stabilité de notre réseau, aujourd’hui garantie par l’inertie de nos centrales nucléaires et hydrauliques, serait compromise par les déversements incontrôlés des excédents solaires et éoliens de nos voisins ; les leçons du blackout ibérique d’avril 2025 ne peuvent être ignorées.
- Une modulation accrue du nucléaire : l’afflux d’énergies renouvelables à coût marginal nul contraindrait la France à brider encore davantage sa propre production, avec des effets délétères sur la longévité de nos installations, comme l’a alerté EDF.
- Une injustice financière : la Commission veut ponctionner 25 % des recettes de congestion des gestionnaires nationaux pour alimenter un fonds centralisé, ce qui provoquerait une hausse de 5 % des tarifs d’électricité pour les consommateurs français.
- Une perte de souveraineté : la prise de contrôle de la planification des réseaux par la Commission constituerait une ingérence inacceptable.
Les exigences portées au Conseil du 26 juin
PNC-France demande à la Ministre de porter des exigences fermes : la reconnaissance de la responsabilité des États membres sur la stabilité de leur mix électrique (conformément au Traité de Lisbonne), une participation financière équitable des pays qui dépendent des interconnexions pour écouler leurs excédents intermittents, la transparence des données de l’ENTSO-E sur les productions solaires et éoliennes 2024-2025, et une étude d’impact macroéconomique de la Commission. Il est impératif que la France affiche une opposition déterminée aux côtés de la Suède, de la Bulgarie, de la Finlande et de la Pologne, déjà réunies dans une position commune.


